Ces deux prochains dimanche, les Ă©lecteurs de la 1Ăšre circonscription de l'Eure-et-Loir vont ĂȘtre appelĂ©s, pour la troisiĂšme fois en Ă peine 15 mois, Ă Ă©lire leur dĂ©putĂ©.
En effet, le Conseil Constitutionnel a annulĂ©, en juin dernier, l'Ă©lection de la socialiste Françoise Vallet, en la dĂ©clarant, par la mĂȘme occasion, inĂ©ligible pour une durĂ©e d'un an. Cette derniĂšre avait Ă©tĂ© Ă©lue Ă l'occasion d'une Ă©lection lĂ©gislative partielle qui s'Ă©tait tenue en janvier et fĂ©vrier et qui Ă©tait elle-mĂȘme consĂ©cutive Ă l'annulation de l'Ă©lection de l'UMP Jean-Pierre Gorges, par ailleurs maire de Chartres.
Pour le scrutin des 7 et 14 septembre prochains, sont donc candidats, pour la droite et l'extrĂȘme-droite :
- Jean-Pierre Gorges (UMP), qui va tenter de récupérer le siÚge qu'il a perdu en début d'année,
- Jean-Pierre Schmitt (FN)
Et pour la gauche :
- Manuel Georget (LCR-NPA),
- Lionel Geollot (PCF)
Jusque-là , rien de forcément trÚs anormal...
Et :
- David Lebon (PS), 31 ans, ancien président du MJS et ancien suppléant de Françoise Vallet, figure montante du PS dans le département de l'Eure-et-Loir et pourquoi pas au-delà ,
- Georges Lemoine (ex-PS), ancien secrétaire d'Etat des gouvernements Mauroy et Fabius dans les années 80, ancien député-maire de Chartres, aujourd'hui ùgé de 74 ans, qui a reçu le soutien, le 21 août dernier, le soutien du... Parti Ouvrier Indépendant (ex - Parti des Travailleurs, dirigé par Daniel Gluckstein et Gérard Schivardi), dont la candidate Nicole Mas s'est retirée en sa faveur... (ici).
Raisons invoquĂ©es par Georges Lemoine (personnalitĂ© politique par ailleurs tout-Ă -fait estimable), pour justifier sa candidature : "donner lâimage de la rĂ©conciliation de lâaction politique et de la morale politique", aprĂšs ces deux invalidations successives, dans cette circonscription.
Les raisons rĂ©elles de cette candidature sembleraient, en fait, se situer ailleurs. En mars dernier, Georges Lemoine, alors conseiller gĂ©nĂ©ral sortant, Ă©tait candidat Ă sa réélection dans le canton de Chartres-sud-est. Au premier tour, il est arrivĂ© en tĂȘte des candidats de gauche, devançant le candidat alors investi par le PS qui Ă©tait dĂ©jĂ ... David Lebon. Ce dernier a maintenu sa candidature, provoquant ainsi une triangulaire qui a permis Ă la candidate UMP, alors que le total des voix des gauches (Lemoine + Lebon) Ă©tait largement supĂ©rieur Ă celui des voix de droite (le rapport Ă©tait de l'ordre de plus de 60/moins de 40 %), de se faire Ă©lire. Il semblerait donc surtout qu'il s'agisse aujourd'hui, pour l'ancien dĂ©putĂ©-maire de Chartres et ancien secrĂ©taire d'Etat, de rendre la "monnaie de sa piĂšce" Ă l'ancien prĂ©sident du MJS.
Je ne sais pas si Ă Chartres et ses environs, nous avons la gauche la plus bĂȘte du monde (d'oĂč mon point d'interrogation), mais ce qui est sĂ»r, c'est que ce genre de petites manoeuvres, bien incomprĂ©hensibles pour l'Ă©lecteur-citoyen de base, risquent de redonner un siĂšge de dĂ©putĂ© Ă la droite... et que nous pourrions nous passer de ça, dans un contexte oĂč nous subissons la politique de cette droite au pouvoir, politique la plus rĂ©actionnaire, ne l'oublions jamais, depuis Vichy.




